Quand aimer, c’est accepter sans retenir

Un père choisit d’aimer sans retenir, d’espérer sans contrôler. Son attente silencieuse révèle le cœur de Dieu : un amour qui laisse partir, mais n’abandonne jamais.

1/13/20263 min read

Tel était le désir ardent de ce père. Et tel est aussi le cœur de notre Père céleste, qui chaque jour nous adresse un appel semblable : « Revenez à Moi », dit-Il, vous qui vous êtes éloignés depuis longtemps à la recherche d’un bonheur éphémère.

Sa décision de nous laisser partir n’a jamais été un abandon, mais une expression d’une grâce pleine d’espérance. Car Il attend, dans la patience divine, le moment où, dans l’exercice de notre libre arbitre, nous tournerons nos cœurs vers Lui, pour l’aimer et demeurer à ses côtés, non pour un temps, mais pour l’éternité.

En dépit du fait qu'il vivait dans une communauté collectiviste, un monde où le regard des autres pèse parfois plus lourd qu’un rocher sur la poitrine, ce père osa accomplir un geste qui certainement a été considéré comme étant scandaleux. Encore aujourd’hui, il nous est difficile de saisir toute la douleur, la sagesse et surtout l’amour silencieux qui palpitait derrière cet acte. Un geste qui, au premier regard, pouvait sembler folie, jusqu’à ce que la fin de l’histoire en révèle toute la beauté cachée

Certains sentaient leur cœur se serrer en le voyant. Peut-être par empathie ou bien parce qu'ils vivaient une situation similaire. Cependant, d’autres prompts à condamner, persistaient à le désigner du doigt comme un homme égaré, un père que l’on disait sans doute avoir perdu tout bon sens.

Aujourd’hui, dans une société individualiste où l'autorité parentale semble être largement réduite à son plus bas niveau. Où les voies vers la recherche d'une gratification par le plaisir semblent être de plus en plus faciles d’accès, le désir de partir expérimenter fait aussi son apparition de plus en plus tôt chez les enfants. Cette évolution soulève une multitude de questions, et rend la situation encore plus délicate et douloureuse pour les parents qui se sentent de plus en plus impuissant et en manque de ressources pour les aider à faire face à cette crise. Pire, les critiques négatives n’ont pas cessé, et les commentaires dans les coulisses persistent encore. Se battre pour les garder sous le toit familial loin des embûches certaines, semble être la décision la plus juste. Qui suis-je pour dire autrement ?

« Combien j’ai soif de te revoir,
Mon enfant ! Combien je t’aime !
Oh ! Dans mes bras, reviens ce soir ;
Entends mon appel suprême. »

En vérité, il lui arrivait souvent de s’interroger lui-même sur cette décision qui avait bouleversé le cours de sa vie : le jour où il avait accepté de répondre oui à la requête de son fils, de lui remettre sa part d’héritage et de le laisser partir au loin, là où son cœur brûlait d’envie d’aller depuis si longtemps.

Contrairement à ce que notre instinct parental nous pousse à vouloir faire, ce père a choisi l’inverse en embrassant le concept même de l’acceptation. Il a accepté la décision de son fils de vouloir faire ses propres expériences et de voler de ses propres ailes plus tôt que prévu. En dépit de savoir que la voie que ce dernier a choisie le conduira vers la débauche et sa perte.

Cependant, dans son cœur, tout comme le papillon monarque, il espérait qu’un jour son enfant reviendrait à l’endroit même où il avait vu le jour.

Chaque jour, du premier souffle de l’aube jusqu’à la caresse du soleil couchant, il sortait sur son balcon. Là, solitaire, le regard perdu vers l’horizon, il bravait les murmures et les jugements. Jour après jour, semaine après semaine, mois après mois… peut-être même pendant des années, il demeurait là, immobile, fidèle au poste, les yeux fixés au loin, tel un sentinelle.

Ralph Séraphin B.S.S, M.S.S., T.S.I.

Thérapeute en santé mentale auprès des jeunes du primaire et du secondaire. 

Auteur

Nouvelle perspective : un concept thérapeutique dans une optique biblique